Recherche de plein vent

Une recherche de plein vent dépeint une situation où le terrain de la recherche ne correspond pas au terrain du chercheur, à savoir à son terrain d’exercice professionnel qu’il délimite traditionnellement avec ses outils méthodologiques. Ce mot-image désigne une pratique sociologique qui échappe à un cadre préétabli. Elle se déroule hors les murs (méthodologiques). Elle s’exerce à terrain découvert. Le chercheur ne préfigure pas, n’anticipe pas les réalités sociales auxquelles il se trouvera confronté. Il avance effectivement « à découvert ». Il éprouve son terrain en temps réel, in situ. La scène de la recherche échappe à tout scénario méthodologique car, en fait, elle coïncide avec les multiples scènes de la vie ; elle se mêle à elles, s’hybrident avec elles. Une recherche de plein vent est fondamentalement une recherche en expérimentation, tant le chercheur doit inventer pour faire face, risquer de nouvelles approches pour relever le défi d’une réalité innombrable, tester de nouveaux cadres théoriques pour appréhender des situations mouvantes. Il n’a pas d’autres solutions que de s’exposer aux réalités pour les « découvrir », et de réajuster ses outils autant que nécessaire.

les textes

Faire recherche en voisinant

Au cours de l’année 2018, j’ai créé au sein du laboratoire dont j’assure la responsabilité à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, le laboratoire EXPERICE (Centre de Recherche Interuniversitaire Expérience Ressources Culturelles Éducation), un nouvel axe de recherche que j’ai nommé « Territoires en expérience(s) » [1]. Un collègue s’exclame alors : «  mais

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Des lieux en recherche

Cet article a été publié dans l’ouvrage collectif Lieux infinis. Construire des bâtiments ou des lieux, publié par les Éditions B42 à l’occasion de l’exposition Lieux infinis du collectif Encore Heureux, présenté au Pavillon français de la 16e Biennale internationale d’architecture de Venise, avec les contributions de Encore Heureux, Fazette

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Pratiquer la recherche “en réciprocité”. Quelques orientations épistémo-politiques

À l’occasion de la négociation d’une collaboration de recherche, j’ai formulé de manière synthétique ma conception d’une recherche « en réciprocité », en mettant en valeur quelques orientations épistémopolitiques. Ce texte a profité de la lecture de Martine Bodineau, docteure en sciences de l’éducation, et de Louis Staritzky, doctorant (laboratoire Experice, Université

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Une recherche de plein vent

Une recherche de plein vent dépeint une situation où le terrain de la recherche ne correspond pas au terrain du chercheur, à savoir à son terrain d’exercice professionnel qu’il délimite traditionnellement avec ses outils méthodologiques. Ce mot-image désigne une pratique sociologique qui échappe à un cadre préétabli. Elle se déroule

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Libérer les processus. Vers une science sociale “open source”

Le concept “open source” fait directement référence aux communautés du logiciel libre qui défendent un accès libre et ouvert aux “codes sources” des logiciels, c’est-à-dire à l’ensemble des instructions de programmation, à l’inverse des logiciels dits “propriétaires”. Cet accès aux codes source garantit la liberté pour tout utilisateur d’étudier, d’adapter

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La portée constituante d’une sociologie

L’histoire de la recherche-intervention – d’un agir scientifique hors du strict cadre académique – est déjà ancienne et a été particulièrement féconde tant sur le plan conceptuel que méthodologique. Mais cette histoire est souvent minorée car les pratiques qui s’y déploient sont plus difficiles à formaliser et plus difficiles aussi

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Bureau des questions

Quand un sociologue est en manque ou en désamour de questions, il peut envisager d’ouvrir un « Bureau des questions ». Il installe alors dans l’espace public une chaise et une table ; il se munit d’un carnet et il sollicite les passants pour qu’ils lui offrent leurs questions. J’ai activé ce dispositif

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